Super Nanny et la Violence Éducative Ordinaire : 11 Conseils pour y mettre un terme

papa mettant une fessée à son fils

       Au mois de Septembre, une vidéo de Super Nanny a fait le tour du Web (dont vous pouvez voir un extrait ci-dessous). On y voit Sylvie Jenaly illustrer magnifiquement cette violence éducative ordinaire et quotidienne.
On apprend à ce garçon de 5 ans (qui a sans nul doute un comportement tout à fait inacceptable) à ne pas être violent.

Comment ? Par la violence. Hum…

 

Un raisonnement qui n’a rien de logique.

On évite les amalgames !
    Je voudrais en profiter pour éclaircir un point.

Le coaching familial, en tout cas celui que j’exerce chaque jour, n’a absolument rien en commun avec ce que l’on voit à la télé.
Nous ne sommes pas là pour donner des leçons d’éducation aux parents, ni dans le jugement permanent. Nous sommes là pour vous aider et vous accompagner si vous rencontrez une difficulté.
Je n’ai jamais dû intervenir de la sorte et les contacts physiques avec les enfants sont inexistants (à part quand ils se mettent en danger).
Nous sommes bienveillants et compréhensifs. Rien qui ne se rapproche de ce que l’on peut voir à la télévision, n’oubliez pas que c’est un divertissement avant tout!

 


Qu’est-ce que la Violence Educative Ordinaire (VEO) et quels sont les risques pour les enfants ?

    Selon lObservatoire de la Violence Educative Ordinaire, la Violence Educative Ordinaire (VEO) rassemble “les diverses formes de violence utilisées quotidiennement pour éduquer les enfants, dans les familles et les institutions (écoles, crèches, assistantes maternelles…).”

On parle des violences physiques mais aussi des violences psychologiques admises ou tolérées utilisées envers les enfants dans un but éducatif.

Concrètement, ce sont toutes les violences qui paraissent normales et justifiables.

    La plupart des familles pratiquent ce mode d’éducation au quotidien, peut-être que que vous aussi… Mais rassurez-vous : il ne faut pas se sentir coupable car ce type de violence (et ses effets) n’est pas encore très reconnue.

Cette violence « ordinaire » est banale et nous commençons tout juste à mettre en évidence toutes les conséquences qu’elle peut avoir dans le futur de ces enfants.

Olivier Maurel, fondateur de l’OVEO explique : «Il a été prouvé par plusieurs études rigoureusement scientifiques que les enfants qui ont été frappés ont plus de maladies physiques et mentales et d’accidents que ceux qui ne l’ont pas été, et que cette augmentation se constate dès le niveau de coups le plus bas. Autrement dit, il n’existe pas de seuil de violence en dessous duquel les coups infligés par les parents aux enfants seraient inoffensifs »

Vous pourrez voir sur cette page, toute une série d’articles scientifiques montrant que la violence (même légère) a des effets sur le développement des enfants, a des répercussions psychologiques et physiques à l’âge adulte, et laisse une empreinte indélébile sur les générations suivantes.


En sachant tout cela, peut-on encore fermer les yeux ?

 


La VEO : concrètement, qu’est-ce que c’est ?

Comment la Violence Educative Ordinaire se caractérise au quotidien :

  • Les fessées et les claques (ou tout autre châtiment corporel) fréquents ou non
  • Les insultes
  • Les menaces
  • Les punitions incessantes
  • Le chantage
  • Les remarques, etc.

N’oubliez jamais que vous êtes le miroir de votre enfant. Ils reproduiront d’une façon ou d’une autre le modèle que vous leur donnez.

Un exemple bien concret :
Je m’occupais d’une famille avec une fratrie de 3 garçons. Le papa m’explique qu’il ne bat pas ses enfants mais que parfois quand ils vont trop loin et qu’ils n’obéissent pas, il compte jusqu’à 3 et donne une fessée (et cela les calmerait sur le coup).
Quelques jours après ma première venue, les parents m’expliquent qu’ils ont été convoqués par la maitresse.
Pourquoi à votre avis ?
Un des garçons âgé de 5 ans a frappé un de ses petits camarades à l’école.
Et quand je lui ai posé la question, il m’explique tout simplement qu’il a demandé quelque chose à son copain et qu’il ne voulait pas. Il a alors compté jusqu’à 3 et l’a tapé
Comment lui expliquer que son comportement n’est pas adapté ?
En effet, il a seulement reproduit celui de ses parents…

C’est important de savoir tout ça mais il ne faut pas dramatiser car des solutions sont possibles.

 


Quelques conseils pour que cela ne fasse plus partie de votre quotidien :

  • On supprime les punitions corporelles, même occasionnelles. Si vous sentez la colère monter, n’hésitez pas à faire appel à votre conjoint ou à vous absenter quelques minutes pour vous calmer (vous pouvez essayer des exercices de respiration qui sont souvent très efficaces, pour vous et pour vos enfants).
  • On change de point de vue : essayez de voir les choses d’un œil neuf. Tournez vos phrases de façon différente et vous allez découvrir les effets positifs que cela peut engendrer. Exemple : non plus « Arrête de courir ! » (l’enfant entend seulement le mot courir) mais plutôt « Marche s’il te plait ».
  • On insiste aussi sur le positif, les qualités et les efforts des enfants. On félicite ! On encourage !
  • On stoppe les petites remarques négatives du quotidien : « tu es fatiguant », « je n’en peux plus de toi ». Votre enfant va retenir tout ce que vous lui dîtes et cela va devenir l’image qu’il a de lui-même.`
  • On n’hésite pas à se renseigner sur les étapes de développement des enfants. Chaque âge à ses particularités et il est important de les connaitre pour pouvoir s’adapter. Exemple : aux alentours de 2 ans, l’enfant peut devenir difficile et refuser de manger certains aliments. Cela fait partie de son développement, alors inutile de rentrer dans des batailles fatigantes.
  • On préfère les conséquences aux punitions. Une conséquence est toujours lié à la bêtise. Ça donne du sens à l’enfant. Exemple : "Tu as fais un caprice et as crié pendant 15 minutes, tu iras donc te coucher 15 minutes avant l’heure." "Tant que tu n’as pas rangé tes Lego, tu ne peux pas regarder la télé."
  • On évite le chantage ou les menaces à gogo.
  • Avant de donner un ordre, on peut demander chaleureusement et gentiment. Exemple : non plus « Viens mettre la table » mais plutôt « Peux-tu venir mettre la table stp ».
  • On ne rentre pas dans des négociations ou des justifications sans fin. On stoppe la conversation et on agit avant que l’énervement gagne tout le monde. 5 minutes de discussions maximum !
  • Pour facilité tous ces changements, n’hésitez pas à faire une réunion de famille et à mettre les règles de la maison par écrit. Ainsi, le cadre est clair pour tout le monde.
  • Choisissez vos batailles ! Essayez de lâcher prise. Tout ne doit pas être un combat.


    Tous ces changements ne peuvent se faire du jour au lendemain. Ce sont des efforts que vous devez fournir au quotidien.
Mais avec une récompense énorme à la clé : un quotidien apaisé, des enfants épanouis et des relations entre vous beaucoup plus saines.

Ça n’en vaut pas la peine :) ?

 

 

Anaëlle Courau, psychologue et coach familial

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