Terrorisme, attentat : que dire et comment réagir avec VOS enfants en fonction de leur âge ?

Mains d'adultes et d'enfants origines différentes

   Tout d’abord, sachez qu’il n’y a pas de bonne façon de réagir et pas de formule miracle pour expliquer ces atrocités à vos enfants.
L’essentiel est de ne pas passer ces événements sous silence mais de faire le plus simple possible.

Pour les enfants de moins de 3 ans

    Surtout, ne pas se dire qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe et se taire. Ce serait probablement la pire chose à faire.
Effectivement, ils ne comprennent pas la situation dans sa globalité, les causes et les conséquences. Mais ils ressentent que quelque chose d’anormal et de grave se passe.

Quand des événements de ce genre se déroulent pendant l’année scolaire, ils ont souvent la possibilité d’être accompagnés et éclairés par les professeurs ou les nourrices.
Quand cela se déroule pendant les vacances, vous devez être encore plus présent.
Les mots sont utiles mais vous pouvez aussi utiliser des histoires. Il existe des livres adaptés qui leurs permettent de comprendre et qui vous aideront à trouver les mots (Astrapi).

N’attendez pas forcément des réactions ou des réponses de vos petits loulous mais le fait de mettre des mots et des images vont leur permettre d’emmagasiner l’information et de l’accueillir en eux le plus sereinement possible.

Pour les enfants entre 3 et 10 ans

    Les enfants ont des réactions différentes en fonction de leur personnalité et de leur tempérament. Quelque soit leurs réactions, soyez présent et accueillez leurs émotions.

Il faut éviter de laisser les chaines d’informations tourner en boucle comme nous avons souvent tendance à le faire. Les enfants emmagasinent toutes ces informations et ils risquent d’être envahie.
Les informations que vous pouvez enregistrer et traiter ne sont pas les mêmes pour les enfants de cet âge. Ils comprennent ce qui se passe mais n’ont pas la maturité pour prendre du recul.

    C’est souvent dans ces âges qu’ils vont poser beaucoup de question sur les événements. Pourquoi les gens sont morts ? Pourquoi il y a des méchants ? Est-ce qu’il y a des méchants ici ?
Des questions qui peuvent vous angoisser et il faudra éviter de les contourner ou de les éviter.
Utilisez des mots simples sans minimiser la situation pour autant. Si vous leur dites que ce n’est rien et que tout va bien, il ne vous croiront surement pas et leur angoisse ne fera qu’augmenter.
En revanche, évitez aussi de tomber dans la situation inverse, il ne faut pas minimiser la situation mais il faut qu’ils se sentent en sécurité et protégés en ayant conscience du monde extérieur.

Tout comme pour les tout petits, vous trouverez de très bonnes histoires ou des journaux pour enfants (le Petit Quotidien par exemple). Vous pouvez aussi passer par le dessin en les invitant à dessiner ce qu’il ont envie. Ainsi, ils peuvent exprimer leurs émotions sans devoir trouver des mots, ce qui peut être difficile pour eux.

Pour les adolescents

    Les adolescents aussi peuvent réagir différemment.
Vous pouvez être confronté à des ados qui ne font preuve d’aucune empathie et qui semblent plus préoccupés par l’arrêt de leur programme favori plutôt que par ce qui se passe.
Et cela ne fait pas de votre ado un monstre, au contraire ! Il est plus mature et comprend ce qui se passe mais devant l’horreur de la situation, il préférera prendre de la distance.
Ne le forcez pas à ressentir des émotions, parlez en librement et cela fera son chemin.
L’empathie est un concept complexe et chacun utilise des mécanismes de défense différents pour gérer des situations qui nous dépasse.

D’autre part, votre ado peut, au contraire, semblé hyper sensible. Il ne s’arrêtera pas de pleurer par exemple ou exprimera sa peine sans arrêt, en parlera en boucle, etc.
Accueillez ses émotions, laissez le en parler le temps qui lui faudra. Evitez également de laisser les informations en boucle, les images peuvent être traumatisantes et ne feront qu’augmenter l’angoisse générée.

Un adolescent est plus apte à comprendre le pourquoi et le comment. S’il en éprouve le besoin, vous pouvez donc expliquer ce qui se passe dans le monde, lui faire un peu « d’histoire » pour qu’il puisse comprendre et mettre un sens (s’il y en a un) à tout cela.

Et pour vous, parents.

    On parle beaucoup de la manière d’en parler aux enfants. Mais les parents sont aussi concernés…
Tout comme les enfants, nous avons chacun notre personnalité avec nos façons de gérer les choses.
Ce sera simple pour certains, et très difficile pour d’autres.
N’hésitez pas à faire appel à un professionnel. Rien qu’un rendez-vous peut vous aider à libérer la surcharge émotionnelle que ces événements génèrent.



    Il faut malheureusement apprendre à vivre avec cela. Nos enfants vivent dans ce monde et ils doivent apprendre les difficultés et les atrocités de la vie. L’important est d’être là pour eux.

Peu importe si vos mots sont maladroits, si vous n’arrivez pas à retenir vos larmes, l’essentiel est d’être présent.

 

 

 

Anaëlle Courau, psychologue et coach familial

Écrire commentaire

Commentaires: 0